Pablo Katz s'inscrit dans une production qui se revendique contemporaine. Architecte de conviction, il refuse le compromis, le pittoresque, le pastiche et toutes les approches commerciales et stylistiques de l'architecture. Ses projets sont résolument marqués par le présent. Son vocabulaire architectural est unique et caractérise une architecture dépouillée, en phase avec son époque, qui porte la marque de son temps et ne reproduit pas les formes du passé.
Les expériences et les acquis du passé, et notamment de l'architecture moderne, font néanmoins partie des fondements de l'architecture de Pablo Katz, qui ne fait pas partie du courant pourtant très développé qui consiste à renier les acquis de l'architecture moderne et à s'appuyer sur des codes architecturaux originaux mais sans fondements. Il s'agit pour lui de poursuivre la marche en avant d'une longue histoire d'architecture tout en prenant en compte les mouvements du passé.
L'architecture est un art majeur, fait pour durer…. Contrairement à la mode, au design et au graphisme par exemple, qui fonctionnent sur des cycles plus courts, les réalisations architecturales doivent s'inscrire dans la durée, avec des projets qui refusent les effets de mode et les attraits passagers.
Cette revendication de l'architecture contemporaine est présente dans tous les projets de Pablo Katz, avec cette volonté d'éviter tout ce qui peut relever de l'effet de mode. Cela amène l'architecte à travailler ses projets dans une démarche d'épuration, par opposition à la démarche accumulative trop souvent observée dans l'architecture d'aujourd'hui.
L'un des buts de son travail est d'atteindre une forme d'évidence qui puisse être génératrice d'émotion. Cette recherche d'évidence passe par un travail long et rigoureux du projet, où chaque élément constitutif doit devenir indispensable et solidaire de la globalité. Dans ses projets, tout doit se tenir, chaque élément ayant une fonction et une place précise. Cela suppose alors de se défaire de tout ce qui est redondant et non justifié.
Le moyen privilégié qu'utilise Pablo Katz pour y arriver est le travail sur la lumière, révélateur de l'espace, sur la spatialité et sur la mise en œuvre des matériaux. Lumière et espace trouvent dans ses projets une place privilégiée, dans la quelle on observe la recherche constante d'un contrepoint entre opaque et transparent, lourd et léger, lisse et rugueux, haut et bas, dilaté et contracté, lumineux et sombre, produisant les sensations et les émotions recherchées par l'architecte.
Nous sommes là aux antipodes d'une démarche décorative. Nous sommes dans un univers où le travail sur les limites définit l'espace architectural et s'appuie sur une utilisation des matériaux laissés souvent à l'état brut, dans lequel les surfaces et les couleurs sont des matières (béton, métal, bois verre) utilisées pour ce qu'elles sont, et montrées dans leur vérité constructive (y compris avec leurs défauts).
Pablo Katz est, comme un aquarelliste, dans la recherche constante de la maîtrise de la matière pour que la lumière puisse s'exprimer… et CK06 en est le brillant exemple !





